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Des femmes qui Relèvent le Défi: Un Guide sur le Leadership dans les Médias
Où se Situent les Femmes Actuellement?

Untitled Document La théorie selon laquelle les femmes peuvent être des leaders efficaces ne correspond pas à la réalité reflétée par leur statut dans les médias d'information. Des études réalisées auprès des médias africains ont confirmé la perception voulant que les femmes soient absentes de la direction. En 1995, l'UNESCO a réalisé une étude innovatrice sur la région africaine pour démontrer qu'en moyenne, les femmes représentent seulement 8,4 pour cent des membres de la haute direction dans les médias électroniques et 14,1 pour cent dans la presse écrite.

En 1997, la Table Ronde sur l'Afrique de l'UNDP, qui eut lieu en Afrique du Sud, soulignait les obstacles auxquels sont confrontées les femmes qui désirent accéder à des postes supérieurs dans les médias. On nota tout particulièrement l'absence d'activités visant à appuyer la cause des femmes et l'absence d'institutions grâce auxquelles des programmes de soutien aux femmes, ce qui a pour effet de limiter les ressources, la formation et les opportunités de carrière des femmes. La plupart de ces obstacles peuvent être surmontés si des femmes occupent des postes importants au sein des médias.

En 1997-1998, Jennifer Makunike-Sibanda, Directrice Régionale de la Fédération des Femmes Africaines dans les Médias-Communauté de Développement Sud-Africain [Federation of African Media Women-Southern African Development Community], a réalisé une étude sur les tendances d'embauche de 37 organisations médiatiques au Malawi, en Mozambique, en Namibie, au Swaziland, en Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe.

Ses conclusions préliminaires démontrent que la plupart des organisations médiatiques embauchent des hommes pour occuper des postes importants tels que rédacteur/directeur général, et rédacteur/directeur général adjoint. Lorsque des femmes atteignent des postes de direction, on leur confie souvent le poste secondaire d'adjointe. En moyenne, chaque organisation compte 24 hommes parmi les journalistes vedettes, contre 6 femmes pour le même poste.

Bien que 54 pour cent des organisations affirment que leur direction comprend au moins une femme, la proportion est de 5 hommes pour 2 femmes dans la plupart des organisations. Quarante-trois pour cent des organisations ne comptaient aucune femme au sein de la direction. Environ 40 pour cent des conseils d'administration sont composés d'hommes et de femmes, mais la proportion est de six hommes pour deux femmes.

De plus, la plupart des répondants aux sondages n'avaient pas mis en place de mesures de discrimination positive des femmes. La majorité des organisations ayant répondu au sondage (75,7 pour cent) ont affirmé n'avoir jamais discuté de l'élaboration de politiques abordant la question des chances égales pour les femmes. De plus, seulement 29 pour cent ont eu recours à ce type de programme lors du processus d'embauche et de promotion.

L'absence quasi-totale de femmes au sein de la direction des organisations médiatiques est due au fait qu'aucune voix ne se fait entendre sur la façon dont elles doivent être considérées par les médias et sur les sujets à aborder. Les hommes développent des reportages sur leurs propres opinions culturelles et sociales. Selon une étude réalisée par Margaret Gallagher en 1996, les femmes sont mentionnées dans seulement 19 pour cent des informations présentées dans dix pays africains. Lorsque des femmes sont en premiere page, on les présente surtout comme des victimes de violence ou des objets sexuels, mais rarement comme des expertes, des ressources ou des leaders.