Contents
Information Performante– Les Principes de Base
INFORMATION PLUS PERFORMANTE (suite)15
Comment Faire en Sorte Que le Sujet du VIH/SIDA en Afrique Intéresse L’opinion?
Normes Professionnelles et Éthiques de L’information
Informer Sur Les Personnes Affectées Par le VIH/SIDA
Trouver de Nouveaux Angles de Vue Pour Informer Sur le VIH/SIDA
Faire Accepter L’Article Par la Rédaction
Manuel Sur la Couverture Médiatique du VIH/SIDA en Afrique
INFORMATION PLUS PERFORMANTE (suite)15
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Véracité
Un article qui comporte des erreurs, même minimes, ne peut pas être bon. S'il semble évident que tous les faits, noms, citations, chiffres, dates et lieux repris dans un article doivent être parfaitement exacts, il n'est pas rare de trouver des erreurs. Lorsque cela se produit, la crédibilité du journaliste est sapée, la réputation du journal est compromisé et l'article est saboté. Il importe donc que le journaliste enregistre correctement les faits, les noms, les citations, les chiffres, les dates et les lieux, et qu'il les vérifie non pas une fois, mais deux, avant de faire son papier.
Un article objectif énonce tous les faits et ne relate pas seulement une version ou une partie de la réalité. Toutefois, cela ne veut pas dire pour autant que l'article en question doive tout dire sur le VIH/sida. Cela veut dire que le fait en question doit être relaté dans sa totalité. Négliger de mentionner des donnés essentielles peut déformer la réalité. Par exemple, un article peut indiquer le nombre de sidéens constaté telle année, à tel endroit. Mais le nombre de sidéens - ceux qui ont développé les symptômes du sida - est relativement réduit, comparé au nombre de personnes que l'on estime séropositives et qui ne présentent aucun symptôme, ou encore au nombre de ceux qui ne savent pas qu'ils ont été infectés. Par conséquent, se contenter d'indiquer le nombre de cas de sidéens confirmés peut induire le public en erreur.
Les chercheurs doivent rester prudents et recourir à des formules telles que: "ces conclusions pourraient indiquer" ou encore "les résultats semblent indiquer". Les journalistes doivent souligner la nature non définitive des recherches et éviter de dire qu'il s'agit de preuves définitives et concluantes.
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Impartialité
Les journalistes doivent toujours chercher à faire des reportages impartiaux et pour y parvenir, ils doivent présenter les angles opposés d'une même situation. Toutefois, le journaliste doit faire attention à ne pas tomber dans le piège. Dans une situation donnée, il est possible qu'il y ait deux points de vue opposés mais il se peut également que ces deux points de vue ne soient pas aussi importants l'un que l'autre. Disons par exemple que les chercheurs s'accordent sur un point particulier et que seuls quelques chercheurs partagent une opinion opposée. Accorder la même importance aux deux parties n'illustrerait pas la réalité et serait par conséquent du mauvais journalisme. Les journalistes doivent, dans ce cas, montrer quel côté est le plus significatif et pourquoi.
Un journaliste peut aussi rechercher l'objectivité et l'impartialité en restant neutre. Toutefois, le VIH/sida est un thème qui peut pousser le journaliste à épouser une cause et à la défendre. Si le plaidoyer est une activité importante, les journalistes qui travaillent pour les grands médias rendront grand service à leur public et se feront une réputation de journalistes exceptionnels s'ils n'épousent aucune cause mais concentrent plutôt leur attention sur les faits, les vérifient et communiquent l'information sans la déformer.
Pourtant, il ya des exceptions. Les reporters qui travaillent pour des programmes spécialisés ou des publications d'organisation non gouvernementales spécialisées dans le VIH/sida, des groupes de pression ou des prestataires de service, sont encouragés à écrire des articles et à diffuser des émissions qui reflètent leur point de vue. En outre, après avoir déclaré publiquement qu'ils étaient séropositifs ou sidéens, des journalistes peuvent écrire des éditoriaux, des chroniques et des rubriques sur le VIH/sida.
Clarté et simplicité
L'une des grandes difficultés rencontrées par les journalistes qui écrivent sur le VIH/sida est de traduire en langage clair et concis les termes techniques, le jargon médical, les concepts scientifiques et les travaux de recherche. Les journalistes risquent de mal interpréter des données techniques. Certains moyens permettent d'éviter les interprétations erronées:
- Demandez à votre source de vous traduire l'information. N'ayez pas peur de paraître idiot(e). Poser des questions complémentaires est la chose intelligente à faire.
- Lorsque cela n'est pas possible, montrez votre interprétation à votre source pour vous assurer que vous avez bien compris.
- Constituez-vous votre propre guide de référence, avec des définitions, puis insérez-les dans votre article quand vous en avez besoin, cela vous fera gagner du temps.
- Servez-vous d'Internet pour trouver des groupes de plaidoyer sur le VIH/sida qui soient crédibles, des instituts de recherche et des organisations non gouvernementales.
- Ne partez pas du principe que votre public a des connaissances techniques sur le VIH/sida mais ne partez pas non plus du principe que vos lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs sont ignorants.
Un article de Eunice Mathu publié dans le magazine Parents de décembre 2000 au Kenya, indique que le nombre de femmes infectées par le VIH/sida était supérieur à celui des hommes. C'est la nouvelle. Ensuite, Mathu analyse les différents facteurs qui expliquent la nouvelle. Parmi ces facteurs, elle note:
"Plusieurs coutumes exposent les femmes africaines au VIH. Par exemple, les mariages forcés des jeunes filles et le lévirat renforcent le risque d'infection par le VIH. Hériter d'une veuve, pratique connue sous le nom de lévirat, est courant en Afrique de l'Est et en Afrique australe. Au Kenya, cette pratique est courante chez les Luo. Lorsqu'un époux meurt, l'un de ses frères ou de ses cousins épouse sa veuve. Ainsi les enfants restent dans le clan de l'époux décédé et la veuve et les enfants sont entretenus. Si la femme est séropositive, elle peut contaminer son nouveau conjoint …"Elle poursuit ses explications:
"Très souvent, les femmes séropositives sont abandonnées par leurs époux et ne disposent d'aucun recours sur le plan économique ou juridique. Récemment, un Kenyan a expulsé sa femme séropositive pour la reloger dans une maison plus modeste réservée aux domestiques."
Mathu fait un récit clair et concis, puis parle d'un jugement historique et inhabituel arrêté en faveur de la femme.
Bien cibler
Les meilleurs articles sont ceux qui sont clairement ciblés. Les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs aiment que l'information soit facile à assimiler. L'information sur le VIH/sida peut être longue et compliquée. N'essayez pas de tout dire d'un seul coup.
- Commencez par planifier une série de papiers, d'articles de fonds ou d'émissions sur le thème du VIH/sida.
- Chaque article, émission ou reportage doit être ciblé sur un sujet qui lui est propre tout en étant rattaché au thème central.
- Traitez un seul sujet à la fois, illustrez un sujet à la fois et préparez séparément chaque article.
Le contexte et les facteurs à l'arrière plan.
Préparer un article ciblé n'empêche aucunement de le situer dans son contexte et de montrer les facteurs à l'œuvre à l'arrière plan. Au contraire, un bon article sur le VIH/sida doit chercher à savoir ce qui se passe réellement et faire une analyse en profondeur. Par exemple:
- Pourquoi certaines personnalités politiques adoptent-elles certains points de vue sur le VIH/sida?
- Quelles conditions économiques forcent des populations à vivre dans des conditions qui les rendent plus vulnérables au VIH/sida?
- Quels comportements renforcent les risques d'infection par le VIH/sida?
- Quelles croyances et mentalités peuvent expliquer certains comportements?
- Quelles normes et pratiques sociales et culturelles sont à l'origine des schémas d'infection par le VIH/sida?
Pour être bon, un article offre un contexte ou une perspective qui informe le public: dans quel sens va l'article, origine de l'information, est-ce un phénomène répandu ou typique?
Dans un article envoyé depuis le Burkina Faso, un journaliste annonce rapidement et succinctement les dernières tendances, cible l'article sur la réalité locale en citant des faits propres au pays et extraits de bases de données mondiales, énonce les mesures prises pour résoudre le problème et montre les facteurs qui expliquent ces tendances. Cet extrait montre comment le journaliste commence son article et explore lesdites tendances:
"L'expansion rapide de la pandémie du sida au Burkina Faso pose de sérieux défis au développement du pays, qui se place troisième [pour ce qui est du nombre de personnes infectées par le VIH] en Afrique de l'Ouest, derrière la Côte d'Ivoire et le Togo….
"Le Burkina est doublement victime de sa situation géographique et de sa fragilité économique.
"Entouré de six pays, il sert de plaque tournante au Mali et au Niger et subit donc les risques liés aux migrations internes et externes.
"De plus, la couverture limitée des soins de santé, le niveau de scolarité peu élevé et surtout, le statut précaire des femmes, contribuent à favoriser la pandémie."
Eviter les stéréotypes
Les journalistes qui couvrent le VIH/sida doivent éviter soigneusement les stéréotypes qui pourraient déboucher sur des implications et des conclusions erronées. Ils ne doivent pas non plus se contenter de chercher uniquement ce qu'ils s'attendent à trouver, ou de reprendre uniquement l'information ou les conclusions qu'ils s'attendaient à trouver. Les rédacteurs en chef et les patrons de presse peuvent encore aggraver le problème lorsqu'ils demandent au journaliste de bricoler un article dont le contenu est décidé d'avance. Il incombe au journaliste de trouver des faits inédits. Il importe donc qu'il conserve une certaine innocence afin d'avoir un regard neuf sur le sujet.
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